le clase

Chers amis d’ici et d’ailleurs,
Chers amis d’Antoine de Saint-Exupéry,

Vous qui avez trouvé dans ses pages des repères pour vos vies et des incitations à réfléchir pour que notre monde de demain soit meilleur que celui d’aujourd’hui…,

Vous qui sentez le besoin de partager vos idées et vos sentiments…,

Vous qui avez envie de soumettre vos opinions à l’épreuve d’une confrontation avec celles de personnes portés, comme vous, par la même confiance dans la capacité de l’homme de se surpasser au bénéfice des autres…,

Vous qui croyez, comme Saint-Exupéry et comme nous-mêmes, que les individus ne trouvent leur sens qu’ensemble, à la façon des pierres d’une cathédrale,

cet espace est pour vous.

Dans le souci d’encourager et de développer la réflexion concernant l’œuvre littéraire d’Antoine de Saint-Exupéry, qui semble si présente encore dans l’attention des lecteurs du monde entier et qui reste une référence si souvent évoquée dans les débats d’aujourd’hui, nous vous proposons d’être la cheville ouvrière d’un certain nombre d’initiatives à même de servir ce projet.

Nous ouvrons aujourd’hui à votre intention Le Cercle des lecteurs d’Antoine de Saint-Exupéry. Il est un nœud entre nous tous, un canal pour que les informations circulent, pour que les idées s’épanouissent, pour que les initiatives des uns servent de point de départ à celles des autres qui les continuent. Il est le lieu, nous l’espérons, où, comme en rêvait Saint-Exupéry, la lecture devient action, où elle germe et porte fruit.

Persuadés que nous œuvrons dans l’esprit d’Antoine de Saint-Exupéry, ravis de pouvoir vous offrir cet espace qui est, somme toute, un instrument intellectuel à l’usage de tous pour le profit de chacun, nous sommes déjà heureux à l’idée de vous y accueillir.

Virgil Tanase

Questions autour du clase, par Delphine Lacroix et Virgil Tanase

Quand avez-vous imaginé le clase pour la première fois ?
Delphine Lacroix : Le clase est né d’une volonté de valoriser l’œuvre littéraire de Saint-Exupéry et de faire davantage connaître ses écrits. Tout le monde connaît, au moins de nom, Saint-Exupéry et son Petit Prince. Ce site doit permettre d’approfondir nos connaissances acquises et répondre à de nouvelles interrogations. C’est aussi l’occasion de découvrir d’autres pans de son œuvre qui restent cachés au grand public, à commencer par sa merveilleuse correspondance.

À qui s’adresse le clase et que propose-t-il ?
Delphine Lacroix : Le clase s’adresse à tous, amateurs passionnés, professeurs, étudiants, ou simplement, comme le titre l’indique, aux « lecteurs » de cette œuvre riche. En créant une plateforme grâce à l’outil internet, nous rendons possible les échanges avec des francophones du monde entier, passionnés par les écrits de Saint-Exupéry. Nous souhaitons que les textes ou les billets diffusés soient rédigés. Ils peuvent être brefs ou longs, auquel cas, nous les diffusons en plusieurs séquences, le format Internet préférant la forme brève.

Sur quelles réflexions s’articule le Clase ?
Delphine Lacroix : Tous les sujets peuvent être intéressants, du simple témoignage à la recherche et la découverte de nouveaux documents (textes, lettres, photographies, dessins, etc.). Par exemple, l’essai de Clara Rivero, intitulé « Tina, un chapitre inachevé » nous permet d’établir la véritable version de la lettre adressée à Rufino Luro Cambaceres : la version dans les Œuvres complètes de la Pléiade étant en partie mal retranscrite. Cette mise au point permet d’adopter une démarche scientifique sur les découvertes de documents, ce qui est passionnant pour les personnes curieuses en recherche d’exactitude.

Qui peut participer à la vie du clase ?
Delphine Lacroix : Nous avons donc déjà pu mettre en ligne un texte de Clara Rivero, professeur de français en Argentine et un texte de Patrícia Munhoz, qui est doctorante à l’université de São Paulo au Brésil. Nous proposons aussi une étude de Laurent de Galembert sur la réception critique de l’œuvre ainsi qu’un article de Didier Mahistre sur le baptême de l’air d’Antoine en 1912.
Nous espérons enrichir progressivement ce site par de nouveaux articles ou billets, mais aussi grâce aux commentaires que tout le monde peut rédiger suite à la lecture des billets.

On évoque souvent la modernité de la pensée d’Antoine de Saint-Exupéry. Pouvez-vous expliquer pourquoi les écrits et la pensée de Saint-Exupéry sont si présents dans les débats actuels ?
Delphine Lacroix : Philippe Forest a très bien évoqué ce qui fait la modernité de Saint-Exupéry, et contre toute attente, ce qui fait sa modernité est sa confrontation avec les espaces silencieux en cherchant à donner du sens à un monde, social et individuel, qui accélère son rapport au temps et à son être-là. Saint-Exupéry percevait la métamorphose de la planète et voyait s’accroître la technologie, la production et la consommation. Ce n’était pas pour le rassurer.
Les civilisations du passé ont changé progressivement et lentement. Nous avons avancé par bonds, en moins d’un siècle et perdu des quantités de coutumes héritées de nos ancêtres proches. Saint-Exupéry a cherché à donner un sens spirituel à une civilisation qui tend à perdre les repères qui l’avaient jusqu’alors animée. Il est important de ne pas confondre modernité et actualité. La pensée de Saint-Exupéry peut nous aider à élaborer notre passage au nouveau monde qui est celui du XXIe siècle. Il peut nous apprendre les vertus de la lenteur et de la réflexion.

Quelles sont vos attentes pour les mois à venir ?
Delphine Lacroix : Nous souhaitons que ce site puisse croître progressivement, qu’il aide à favoriser la francophonie, qu’il soit plateforme d’échanges et de contenus culturels, aliments pour l’esprit. Sa vocation est d’être international afin que les regards se croisent et s’enrichissent de leurs différences, dans la droite ligne des pensées de Saint-Exupéry. Cet espace se veut aussi un lieu de curiosités. Je pense que c’est une avant-première pour les associations d’écrivains : nous nous réunissons, sans rendez-vous, en partageant des contenus littéraires en ligne. Internet n’est pas une vitrine, superficielle, mais fait naître la possibilité de créer du et des sens, des échanges. En un mot, créer des liens !

Et vous Virgil Tanase ?
Virgil Tanase : Il n’y a pas presque rien à ajouter. Ma connaissance de l’œuvre de Saint-Exupéry, un certain approfondissement de ma compréhension de celle-ci, au moment où j’ai adapté et mis en scène Le Petit Prince, me donnent peut-être certains compétences qui me permettent de m’associer à l’entreprise proposée par Delphine Lacroix. Nous partageons beaucoup d’idées communes sur l’homme et l’écrivain. Nous sommes surtout, tous les deux, d’accord que tout ce qui peut permettre à un public aussi large que possible d’accéder à une œuvre qui ne peut que l’enrichir est bénéfique pour tous. Ce qui veut dire aussi échange de points de vue, d’idées. Avec Delphine Lacroix nous sommes là, en fait, pour être le point de croisement de tous ceux qui, à travers nous qui en sommes leur relai par le site que nous mettons à leur disposition, communiquent entre eux. Nous avons l’espoir qu’ensemble nous découvrirons des lumières qu’aucun de nous n’aurait aperçu tout seul.

Quel sera exactement votre rôle ?
Virgil Tanase : Assez modeste, disons-le, presque technique. Veiller à ce que ce site reste fidèle à sa vocation de départ, intervenir au besoin, pour rendre le plus intelligible possible les interventions de ceux qui, n’ayant pas l’habitude de rédiger en français, risque de ne pas avoir sous la main les solutions langagière les plus appropriées à leur pensée. Stimuler par des sujets de réflexion les interventions des uns et des autres… Nous verrons. Il me suffit de dire que l’on peut compter sur moi…, que les « lecteurs » de Saint-Exupéry peuvent compter sur mon appui et mon amitié.

Est-ce que le Clase peut avoir des prolongements ?
Virgil Tanase : Peut-être. C’est dans notre intention. Nous rêvons de réunir un jour à Paris, à Saint-Maurice-de-Rémens ou ailleurs les « lecteurs » d’Antoine de Saint-Exupéry  qui sont les contributeurs du clase. Des colloques sont envisageables. Peut-être aussi des publications. On n’en sait rien, sinon que le clase est vivant, et lorsqu’on organisme est vivant il réserve toujours des surprises. Le clase est vivant est c’est l’essentiel.

Propos recueillis par Sylvain Lecointe