Louise de Vilmorin, dite Loulou (1902-1969)

Louise de Vilmorin, dite Loulou (1902-1969)

Née le 4 avril 1902 Louise de Vilmorin est le deuxième enfant d’une riche famille de grenetiers qui en aura six. Elle grandit avec ses frères et sa sœur dans le château familial de Verrière-le-Buisson, dans la vallée de la Chevreuse, à une dizaine de kilomètres de Paris. Là, elle ne manque de rien si ce n’est de l’affection de ses parents qui habitent Paris où ils recevaient dans leur salon les hommes politiques importants du moment tels Edouard Herriot ou Paul Painlevé. Ils ne venaient que rarement, en fin de semaine, voir leurs enfants qui souffraient de cette absence.

Atteinte en 1918 d’une tuberculose osseuse qui la cloue au lit, une hanche dans le plâtre, pendant plusieurs années la fera boiter ensuite, elle reste un parti très intéressant pour les jeunes hommes qui lui font une cour assidue. Saint-Exupéry qui est élève au cours Bossuet où étudient également les frères de Louise, et qui lui donne des conseils littéraires réussit à la séduire. Après l’accident du 1er mai 1923 qui faillit coûter la vie à Antoine de Saint-Exupéry, hospitalisé pendant plusieurs semaines, Louise lui demande de renoncer à l’aviation, ce que celui-ci accepte mais les fiançailles qui datent de juin 1923 sont rompues après seulement quelques mois. Cette expérience amoureuse n’est peut-être pas étrangère à l’élaboration des premiers récits de Saint-Exupéry : Geneviève, le personnage de Courrier Sud, lui ressemble parfois, et l’auteur lui dédie le manuscrit son roman, comme il le fera plus tard avec celui d’un chapitre de Terre des hommes.

Il continue à lui écrire et restera toute sa vie attaché à Louise de Vilmorin.

Celle-ci, réputée pour sa phrase « Je t’aimerai d’amour, toujours, ce soir », épouse en 1925 Henry Leigh Hunt (1886-1972), un Américain richissime, qui l’amène aux Etats-Unis. En 1929, Louise donne naissance à une fille, Jessica.  Elle aura deux autres enfants. Revenue à Paris avec son mari, elle divorce en 1937 pour épouser le comte Paul Pállfy (1890-1968) qui est à son cinquième mariage.

Mondaine et « branchée » comme Yvonne de Lestrange, Louise de Vilmorin est l’auteur de plusieurs livres à succès, et un personnage important de la vie parisienne d’avant et d’après la Deuxième guerre. Elle devient la compagne d’André Malraux et reçoit toutes les semaines dans son château de Verrières « autour d’un pot au feu » la fine fleur des intellectuels parisiens.

Elle meurt en 1969, nous laissant des romans, des poésies et une importante correspondance.

Virgil Tanase

Bibliographie

Louise de Vilmorin – Sainte-Unefois, Gallimard, 1934.
Louise de Vilmorin – Le Lit à colonnes, 1941.
Louise de Vilmorin – Julietta, 1951.
Louise de Vilmorin – Madame de…, 1951.
Louise de Vilmorin – La lettre dans un taxi, 1958.
Louise de Vilmorin – Promenades et autres rencontres, Le Promeneur, 2000.
Louise de Vilmorin – « Antoine de Saint-Exupéry » in Carrefour, 26 août, 1944, p. 4.

Jean Chalon – Florence et Louise les Magnifiques : Florence Jay-Gould et Louise de Vilmorin, Le Rocher, 1999.
Albertine Gentou – Louise de Vilmorin, Perrin, 1998.
Patrick Mauriès – Louise de Vilmorin, un album, Le Promeneur, Gallimard, 2002.
André de Vilmorin – Louise de Vilmorin, Seghers, 1972.

Françoise Wagener – Je suis née inconsolable : Louise de Vilmorin, Albin Michel, 2008.

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