Les images interposées : le démoniaque et le paradisiaque dans Pilote de Guerre 1/6

En 1942, l’écrivain français Antoine de Saint-Exupéry, l’auteur du classique Le Petit Prince (1943), publie Pilote de guerre, d’abord sous le titre Flight to Arras, lequel rassemble un compte rendu de missions de reconnaissance dangeureuses effectuées par cet auteur au nord de la France, pendant la période turbulente de la Seconde Guerre Mondiale, lorsque le pays fut envahi par l'Allemagne nazie. Ces deux livres ont étés produits à l’étranger, à l’époque où il était exilé aux États-Unis d’Amérique.

En pleine guerre, il est reconnu comme le livre le plus vendu dans l’année, influençant fortement l’opinion publique américaine, ce qui peut être confirmé par la déclaration du rédacteur en chef du journal The Atlantic de la période : “Pilote de Guerre ? La meilleure réponse que les démocraties aient trouvée jusqu’ici à Mein Kampf[1]

Toutefois, cette accueil n’est pas unanime, parce que, selon Paul Webster (1994, p.223), outre le journal Je suis partout, “d’autres journaux antisémites se joignirent à cette condamnation et les Allemands ont annulé l’autorisation de vente le 11 janvier 1943. En quelques heures, tous les exemplaires ont étés retirés des librairies”[2]. Les publications de l’auteur ont également été interdites dans son propre pays par le gouvernement de Vichy et, en Algérie, par Charles de Gaulle, ce qui justifie l’existence de publications clandestines, selon les notes des Oeuvres Complètes II.
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En plus des descriptions de combats, son texte est marqué par des réminiscences de l’enfance, ainsi que par des réfléxions philosophiques sur la condition humaine. Notre objectif est d'analyser les images de la guerre telles qu’elles apparaissent dans ce livre, marquées non seulement par la question de la guerre elle-même, mais aussi par les conflits intérieurs de l’auteur, parce que, comme il le dit, son livre a été écrit à une époque de “désordre intérieur”.

Une caractéristique très présente dans la poétique de Saint-Exupéry est la profusion de métaphores, ce qui justifie l’affirmation de Laurent de Galembert : “C’est l’image qui fait progresser la pensée chez Saint-Exupéry.” (2006, p.225). Pour cela, en nous appuyant sur la théorie de Northrop Frye, qui classifie les images en démoniaques et en apocalyptiques, il nous semble utile d’analyser quelques images de Pilote de guerre.

En fait, cette œuvre révèle des images qui peuvent être associées à ces classifications antithétiques, puisque l’auteur oscille entre le monde réel de la guerre et le monde idéal symbolisé surtout par les réminiscences d’enfance.

(à suivre)


[1] “Préface générale”, in œuvres  Complètes I, p.38.
[2] Notre traduction.

WEBSTER, Paul. Saint-Exupéry : vida e morte do Pequeno Príncipe. Tradução de Cláudia Shilling. São Paulo, Marco Zero, 1994.
GALEMBERT, Laurent de Bodin de. Le sacré et son expression chez Antoine de Saint Exupéry. Thèse (doctorat). Université Paris IV – La Sorbonne, 2006.
FRYE, Northrop. Anatomia da Crítica. São Paulo, Editora Cultrix, 1973.

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