La Saga Wróblewski 1/3

En 1884, la Pologne croulait sous les jougs Russes et Prussiens. Alors même que l’on arrêtait dans la faculté de médecine de Varsovie l’étudiant Tadeusz Wróblewski (1858-1925), un activiste révolutionnaire du mouvement Krajowcy (patriote), Edouard Wróblewski (1860-1895) décida de quitter cette faculté et la Pologne.
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Il lui fut accorder en 1885 de poursuivre sa dernière année de médecine à Paris où il obtint ses diplômes de chirurgie et de gynécologie. Il y rencontra Claudine Belouze dit Clotilde (1863-1923), issue d’une  famille pieuse où l’on compte un vicaire général d’Autun et le philosophe Joseph Vialatoux (1880-1970), qu’il épousa en 1886. De ce mariage naquirent trois fils, Pierre (1886) et Gabriel (1888) à Mamers (72), ainsi qu’Edouard (1893) au Havre (76).

Malade, le chirurgien Edouard Wróblewski accepta un poste auprès de Jules Cambon (1845-1935), Gouverneur général de l’Algérie où il décéda en 1895.  Clotilde alla s’installer au plus près des siens et vint à Lyon avec ces trois fils. Gabriel et Edouard furent mis en pension chez Les Frères des Écoles Chrétiennes (lassalliens) de Villefranche-sur-Saône jusqu’en 1904, tandis que Pierre entra au lycée de Lyon (Lycée Ampère) sur les traces de Gabriel Voisin (1880-1973).

Construction du Wroblewski initial en tubes métallique soudé à l’autogène dans le hangar du chemin de Luzet, fin 1909.

Sitôt l’exploit de Louis Blériot connu, vainqueur de la Manche en aéroplane le 25 juillet 1909, sans connaissance aucune, l’ingénieur Pierre Wróblewski décida, avec les conseils avisés de son frère chimiste, et l’appui de sa mère, de construire un monoplan métallique en tubes d’acier soudés à l’autogène ainsi que deux hélices bipales. Ce prototype Wróblewski initial, dont Pierre demanda le brevet, ne fut pas motorisé mais permit la rencontre avec l’industriel Joseph Berthaud. Ce dernier avait acquis les brevets Ulysse Côte pour un moteur d’aviation 4 cylindres en ligne, 2 temps,  qui ne fut jamais au point mais il apporta les finances nécessaires.
Ne voulant risquer leurs réputations, il fut convenu que ni le nom de Berthaud, ni celui de Wróblewski ne devront être cités. Pierre prit le pseudonyme de Salvez (sauver en latin).

Fut mis en chantier un nouveau monoplan métallique entoilé mono-hélice, le W1 qui fit sa première sortie le 30 juillet 1910 sur l’hippodrome de Grand Camp à Villeurbanne (aujourd’hui campus scientifique de la Doua). Pierre confia les commandes de son prototype mu par un trois cylindres Anzani du type «Traversée de la Manche», pour les essais de roulage à son frère Gabriel inexpérimenté. À la faveur d’une bourrasque de vent, Gabriel et le W1 quittèrent le sol. Durant l’été les essais se poursuivirent entraînant diverses modifications.

Mais l’utilisation de ce terrain venté civilo-militaire du bord de Rhône s’avéra complexe aussi Joseph Berthaud et Pierre Wróblewski décidèrent de transférer les essais sur le terrain de Bellièvre à Ambérieu-en-Bugey. En septembre 1910, Gabriel s’écrasa avec le W1 ter qui fut détruit mais sans dommage pour le pilote.

Fut mis en construction à Villeurbanne et assemblé à Ambérieu le W2, toujours un monoplan en tubes d’acier semi-entoilé mais avec poutre métallique centrale et verticale. Joseph Berthaud finança le moteur Aviatic de 70HP et demanda un brevet pour le train d’atterrissage. Il fut équipé d’une nouvelle hélice W et Gabriel débuta les essais à compter du 20 septembre 1911. Son premier vol certifié fut réalisé le 24 octobre suivant, à une hauteur moyenne de 25 m. et les essais se poursuivirent.

Ayant créé un département aviation dans son usine villeurbannaise, Joseph Berthaud décida de commercialiser le W2 et Pierre Salvez tint un stand à la 3e Exposition de la Locomotion Aérienne de Paris (16 décembre au 2 janvier 1912) où l’on proposa aussi les différentes hélices W. Fautes de client et par divergences commerciales et techniques les relations Berthaud-Wróblewski se dégradèrent début 1912, relayées par des interventions malheureuses dans la presse où les Wróblewski se sentirent spoliés de leurs travaux.

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