Panorama de la critique exupérienne 6/6

En guise de conclusion (provisoire)…

Au terme de ce panorama critique, de cette critique de la critique, nous espérons avoir montré la vitalité retrouvée de la critique et le foisonnement des axes de recherche des études exupériennes – foisonnement qui n’est que le reflet de la richesse de l’œuvre exupérienne. Lire la suite

Panorama de la critique exupérienne 5/6

IV / Le renouveau critique

La critique génétique

À la différence du structuralisme dont elle provient, la critique génétique brise la clôture du texte sur lui-même. Elle consiste en effet en un travail sur les manuscrits, les brouillons, les avant-textes, bref elle opère un déplacement de l’objet d’étude et ne s’intéresse pas tant au texte publié qu’aux documents préparatoires qui ont permis son élaboration : elle révèle ainsi le travail créateur de l’écrivain. Celle-ci n’a donc pas pour seul but d’établir les différentes variantes ou de découvrir les inédits, mais recèle également une visée herméneutique : à travers l’étude du travail de l’auteur, elle cherche à en éclairer les enjeux esthétiques et revient au texte même. Lire la suite

Panorama de la critique exupérienne 4/6

III / La critique structuraliste

La révolution structuraliste marque une rupture dans l’approche de l’œuvre, dans la mesure où, après que Barthes l’a assassiné en proclamant La mort de l’auteur, il ne reste que le texte à étudier, indépendamment de la vie de l’auteur : « qu’importe qui parle » (Foucault).
Pour radicale qu’elle soit, la perspective structuraliste a eu au moins le mérite d’aborder l’oeuvre de Saint Exupéry d’un point de vue littéraire, puisqu’il n’apparaissait plus possible à l’époque de tenir un discours sur l’auteur (dans les années 1970). Lire la suite

Panorama de la critique exupérienne 3/6

II / La critique éthique

La publication posthume de Citadelle

La publication de Citadelle en 1948 marque un tournant majeur dans la réception de Saint Exupéry. La parution posthume de cette œuvre inachevée fut très mal accueillie par la critique qui y vit un ouvrage transmettant un message autoritaire inacceptable : Henriot par exemple, dans l’édition du 26 mai 1948 du journal Le Monde, fustige ainsi la description d’un « empire primitif et autocratique [avec, en guise] de chef, ce despote bienveillant et coupeur de tête pour le bien public, attendri à l’idée de livrer au bourreau la sentinelle défaillante » et Marissel dénonce un livre « dangereux parce qu’il justifie [...] le totalitarisme »[15]. Lire la suite

Panorama de la critique exupérienne 2/6

I / La critique biographique

C’est la veine critique la plus développée. Dans la perspective traditionnelle d’un Sainte-Beuve qui considère que l’œuvre d’un écrivain est avant tout le reflet de sa vie et peut s’expliquer par elle, Saint Exupéry étant un aviateur avant d’être un écrivain. Expliquer son œuvre revient donc à rechercher dans ses livres les éléments qui relèvent de à sa biographie. Il faut reconnaître que l’œuvre exupérienne se prête bien à ce genre d’approche dans la mesure où elle s’enracine effectivement dans l’expérience de son auteur : Terre des hommes apparaît ainsi comme une autobiographie, Pilote de guerre comme un témoignage et Le Petit Prince est bien souvent lu comme un récit biographique crypté et poétique. Lire la suite

Panorama de la critique exupérienne 1/6

Antoine de Saint Exupéry [1] a toujours souffert d’un malentendu avec la critique littéraire. André Beucler ne déclarait-il pas dans sa préface à la première édition de Courrier Sud en 1929 : « Saint Exupéry n’est pas un écrivain » ? Si l’on considère qu’une préface est un exercice un peu convenu qui consiste précisément à souligner les qualités littéraires de l’ouvrage en question, on mesure alors le caractère équivoque de cette affirmation. Lire la suite